Irosoft ou l’art d’éliminer en douceur l’utilisation du papier

22/12/2010

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Comme chaque entreprise, Irosoft a sa petite histoire. Et celle-ci commence en 1995 par deux férus d’informatique, Alain Lavoie et René-Luc Morin, qui s’intéressent à ce qui allait devenir la gestion documentaire. À ce moment-là, la conversion des documents en SGML en était encore à ses balbutiements. Après avoir gagné un appel d’offres du gouvernement du Québec, la combinaison de leur talent et de leur travail acharné a permis à Irosoft d’obtenir plusieurs contrats qui, au fil des années, ont façonné le développement de l’entreprise.

Le bureau sans papier, un leurre?

L’avènement de l’ère informatique nous promettait un monde sans papier, mais il semble qu’il n’ait jamais vu le jour. Bien au contraire, la production et la consommation de papier ont plus que doublé depuis 1983 et on pourrait imputer cette croissance prodigieuse au courrier électronique. À lui seul, il aurait fait bondir de façon spectaculaire le volume d’impression. Selon une étude, un professionnel consacrerait en moyenne 50 % de son temps à retrouver de l’information et seulement 5 à 15 % pour lire et consulter ladite information.

L’importance de la gestion documentaire prend vraiment tout son sens ici et les solutions proposées par Irosoft permettent des gains incontestables en matière de productivité et de réduction de coûts.

Une incursion dans l’univers de Thémis

Irosoft a tranquillement fait sa place dans le milieu juridique, jusqu’à en faire une spécialité. En fait, s’il y a un domaine où l’utilisation du papier est omniprésente, c’est bien celui-là. Mais difficile de changer les mentalités! Malgré ce défi de taille, les applications développées par Irosoft ont graduellement révolutionné le monde de l’édition juridique et changé complètement les paradigmes de travail sur plusieurs plans, dont celui de la rédaction et de la mise à jour de la législation.

« La R-D c’est une question de survie pour nous. Une entreprise comme la nôtre doit nécessairement être en avant de la vague pour être concurrentielle ».

En 2003, après avoir converti plusieurs textes de loi pour le ministère de la Justice du Québec, Irosoft met sur pied Web Legis Québec, une plateforme qui permet la diffusion des lois provinciales, l’accès à leur historique et en facilite les mises à jour. La possibilité de consulter les lois ou les règlements en vigueur à un moment précis dans le temps est un avantage indéniable de ce logiciel, puisqu’en droit, la législation applicable est toujours celle qui était en vigueur au moment de l’infraction ou du litige. La technologie développée par Irosoft facilite grandement les recherches, autrefois fastidieuses.

L’utilisation du logiciel a augmenté la productivité de 400 % au ministère de la Justice du Québec et réduit les délais de mise à jour de 12 mois à quelques semaines. Nul n’est sensé ignorer la loi est un principe bien établi en droit canadien. C’est une question d’accessibilité et on pourra certainement affirmer qu’Irosoft a joué un rôle important au Québec et au Canada pour faciliter l’accès à la législation en vigueur.

Depuis le 1er janvier 2010, toute publication par l'Éditeur officiel du Québec des lois et règlements du Québec sur support électronique a une valeur officielle. Une belle bataille technologique gagnée puisqu’avant cette date, seules les versions imprimées avaient une valeur officielle.

Par la suite, Irosoft a vendu le logiciel maintenant appelé AGIL (Architecture de gestion de l’information législative) au ministère de la Justice du Canada, au gouvernement du Nouveau-Brunswick et à la Ville de Québec.

Une expertise qui s’exporte

Irosoft peut maintenant rêver d’explorer d’autres marchés. Tous les pays du Commonwealth qui ont une structure juridique semblable à celle du Canada représentent des clients potentiels très attrayants.

Le démarchage international nécessite cependant des investissements importants et Irosoft investit déjà 25 % de son chiffre d'affaires en R-D. « La R-D c’est une question de survie pour nous. Une entreprise comme la nôtre doit nécessairement être en avant de la vague pour être concurrentielle », explique René-Luc Morin, cofondateur d’Irosoft.

Avec le soutien financier de Développement économique Canada, Irosoft a pu concrétiser son projet de commercialisation sur les marchés extérieurs et ainsi décrocher ses premières reconnaissances internationales avec l’obtention de contrats des gouvernements des Bahamas et des Bermudes.

Aujourd’hui, la PME de Saint-Laurent compte une trentaine d’employés et offre une gamme de produits élargie ( AGIL, Docuthèque, Conseil sans papier, DocUnik). Les projets d’avenir sont nombreux et les deux compères ont bien l’intention de tirer profit de leurs réussites avec la Ville de Québec pour courtiser le monde municipal.